Quoi en penser ? Cette jeune femme semble condamnée à la représentation de son rang, de son rôle d’épouse-mère au visage infantile, au corps gracile.
La manière dont les enfants se « greffent » sur la figure de leur mère rappelle qu’ils se sont également ajoutés à la lignée, à l’arbre généalogique, selon une hiérarchie obéissant à la logique familiale : le petit garçon s’autorise une attitude moins disciplinée que celle de sa sœur, et il est également plus proche de sa mère ; le fait que seuls les garçons perpétuent le patronyme, qu’ils assurent donc la pérennité d’une identité et d’un patrimoine familial, ne doit pas être négligé dans la lecture de ce tableau. La fillette, en revanche, se pose déjà en réplique miniature de sa mère, comme consciente du rôle à tenir et du maintien de rigueur.
Un sentiment d’affection domine la composition, visible dans les expressions des visages, le lien de contact physique entre les trois personnages et jusqu’à l’harmonie chromatique de leur toilette. Contrairement aux aristocrates d’Ancien Régime, la noblesse de la Troisième République s’occupe de ses enfants et ne dédaigne pas de s’en faire aimer.