Raoul CARRE --- « Joueuse de cithare »

Analyse iconographique
- La diagonale place le geste et l’arrière de la robe. Les lignes de fuite du piano vont vers la droite (point de fuite à l’extérieur du tableau) et permettent au regard d’aller des mains au visage. Le rabat de la largeur sur la longueur du tableau place exactement l’index droit en train de jouer une note.
- La composition du tableau est basée essentiellement sur un quadrillage :
- la médiane verticale place le nœud des bras et de l’instrument.
- les fuyantes du clavier désignent la médiane horizontale laquelle place la main droite.
- en divisant la surface du tableau en quatre bandes horizontales de même largeur, on obtient sur le premier quart (en bas) la place de la main gauche, et sur le dernier quart (en haut) la ligne supérieure du piano.
Cette répartition en quatre bandes se retrouve aussi verticalement, ainsi, on obtient à gauche la main gauche et à droite la ligne du dos.
- Dans ce réseau de lignes droites, on notera deux courbes qui se renvoient l’une à l’autre : la courbe du dos fait écho à la courbe de la cithare qui ondule autour la diagonale. Ceci induit une évocation charnelle qualifiant le personnage.
- Les gestes ronds avec lesquels la jeune femme embrasse la cithare apportent à la composition une flexibilité qui atténue heureusement une certaine raideur d’ensemble.
- Nous avons peu de détails mais ils suffisent à nommer une femme cultivée et bourgeoise : bague, collier, boucle d’oreille, robe sombre, coiffure soignée, décoration dorée du dossier de la chaise, cithare, piano. Cette femme joue d’un instrument comme beaucoup de dames de son rang à cette époque. Ici elle tient la pause face au peintre.
QUOI EN PENSER ? L’éducation des jeunes filles passent aussi par une forme de « dressage » de la posture, notamment à travers la pratique des travaux d’aiguilles ou l’apprentissage d’une instrument de musique.
Nul doute que cet univers féminin par excellence du salon de musique et des arts d’agrément ne contribue ici à augmenter le potentiel de séduction de cette jeune femme distinguée, dont la tenue irréprochable est garantie par la contention du corset et l’artistique torsade de la longue chevelure.