Quoi en penser ?
L’incertitude thématique de cette petite toile s’illustre dans une multiplicité de titres : souvent mentionné sous le nom de « Délia et Corydon », le tableau est également connu comme « Jeune femme à l’urne », « Jeune pleureuse antique » ou encore « Allégorie de la Mélancolie ». On retiendra l’évidente référence à l’Antiquité (le voile sur les cheveux, la présence de l’urne), mais aussi le choix d’une approche sentimentale, teintée de pathos, qui oriente la lecture de l’œuvre vers une sorte de préromantisme. La comtesse d’Albany, à laquelle Fabre fut très lié – et qu’il a d’ailleurs représentée à plusieurs reprises –, aurait servi de modèle à cette mélancolique jeune femme, incarnant tout à la fois sensibilité, douleur d’absence d’un être cher, infortune du destin. La figure féminine relève ici de l’illustration de ces diverses émotions ; elle devient allégorique, c’est-à-dire qu’elle permet de donner forme à l’évocation d’idées, de concepts.