Henry PERRAULT --- « Portrait de Madame Meyenroch »

Analyse iconographique
- La mise en page est tout à fait classique et plutôt impersonnelle. L’artiste compose une œuvre privilégiant la courbe, l’ovalisation des formes : le format de la toile, le contour du visage, la ligne effacée des épaules, le geste arrondi du bras droit, le rebord supérieur bombé du canapé ; le personnage et son environnement sont voués identiquement à ce linéarisme élégant qui se souvient d’Ingres. Cette recherche plastique de mouvement orbiculaire parait destinée à introduire à la fois douceur et préciosité.
- La composition se place dans un ovale, elle est tout en rondeur, et se base sur deux grands arcs de cercle qui se croisent sur la médiane verticale, motif repris par le châle.
- L’anatomie suave de ce corps aux articulations imperceptibles, aux doigts potelés, conforte son propre moelleux par le contact de luxueuses étoffes, de coussins confortables et rebondis. Le lien s’établit aussi par le geste de la main gauche, froissant légèrement les plis du tissu comme pour en faire apprécier la richesse et le rendu tactile au spectateur. Ce détail, assez courant dans les portraits mondains, attire également l’attention sur la finesse des doigts du modèle.
- Tissus brodés, dorés, soyeux, bijoux, moulures, cadre richement décoré : tout participe à l’identification d’un intérieur bourgeois pour un portrait d’apparat.
Quoi en penser ? Par cette image conventionnelle, Henry Perrault ne s’aventure certainement pas sur le terrain du portrait psychologique. Cette épouse de notable est dignement représentée dans un décor à l’exacte mesure de son sexe et de son rang social ; elle incarne la permanence d’une tradition du paraître, du contrôle de soi, à laquelle les femmes sont naturellement plus soumises.