QUOI EN PENSER ? Le peintre n’a pas cherché à se confronter à la complexité thématique du mythe de Psyché. Il revisite simplement l’un des thèmes narratifs majeurs, celui de la vision interdite. Le regard par lequel Psyché découvre son mystérieux époux est ici transposé à Cupidon et, par un effet de ricochet, au spectateur lui-même.
Aucun attribut clairement identifiable ne permettrait d’ancrer la scène dans un contexte particulier, si le titre ne nous renseignait obligeamment sur le thème.
Cheminant sereinement dans ce sous-bois teinté d’aube ou de crépuscule, la belle mortelle semble tergiverser sur son identité.
Epiée à son insu, elle illustre en revanche une certaine idée de la séduction et plus précisément du rapport homme/femme dans le cadre de la séduction : une femme inactive, vouée à la passivité, ignorante même d’exposer sa nudité au regard masculin, opposée à un homme preneur d’initiatives et maître du jeu.