Quoi en penser ? Malgré la coquetterie – sans grands apprêts – des bijoux et du mouchoir de cou, on devine une condition modeste, confirmée tant par le vêtement en général que par cette occupation qui est tout autre qu’un passe-temps ; sans doute s’agit-il d’une activité professionnelle autonome, ou bien de l’accompagnement d’un travail de bergère par exemple, pour occuper les doigts qui ne doivent pas rester inactifs pendant les heures de pâture. L’un ou l’autre cas renvoient à une situation proprement féminine, dans laquelle travail ne signifie pas émancipation.
On peut néanmoins s’interroger sur le choix de Brunet pour une représentation aussi sombre ; le tableau ressemble au manifeste d’une condition de vie et de travail, avec un penchant pour le misérabilisme, sensible dans cette physionomie un peu figée et dans ce regard qui prend à témoin au lieu d’être concentré sur son ouvrage.