visage
la représentation de la femme en peinture au 19ème siècle dans les collections du musées Sainte-Croix
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Être homme ou être femme

Être homme ou être femme

Au 19ème siècle, prévaut un véritable dogme du dimorphisme sexuel, facilitant l’identification. Jamais, dans les époques précédentes, les femmes et les hommes n’ont été vêtus d’une façon aussi différenciée.

A partir de la Révolution, les hommes de la bourgeoisie ont commencé à adopter le port de l’habit sombre, d’une grande sobriété, qui devient vraiment la règle commune dans la seconde moitié du siècle. Le vêtement féminin est soumis à des variations (de coupe, d’ampleur) sur l’ensemble de la période, mais se distingue de la simplicité masculine par la préciosité des étoffes, le raffinement des ornements et la soumission de l’anatomie féminine à un « formatage » extrêmement rigoureux.

Cet écart vestimentaire se complète d’un code comportemental, dont la mise en place débute dès l’enfance : aux petites filles, destinées à n’occuper aucune fonction officielle, aucune sorte de responsabilité civile mais bien plutôt une mission domestique doublée d’un devoir de parade sociale, on enseigne très tôt une retenue, un maintien bienséant. Cet apprentissage corporel se conforte dans la pratique des arts d’agrément, tels que dessin, chant, piano… Les peintres illustrent, même implicitement, ce déterminisme qui procède de l’appartenance à un sexe d’origine.

Assignés à des tâches et à des rôles bien précis, hommes et femmes évoluent sur des aires sociales si distinctes qu’ils se rencontrent finalement assez peu – une réalité dont les peintres restituent la portée dans leurs toiles. Les occasions de présenter côte à côte des hommes et des femmes s’expriment essentiellement par le contexte familial. Le portrait de couple illustre à merveille la tendance patriarcale de la famille comme de la société ; tandis que les représentations de salons bourgeois exaltent en revanche la suprématie féminine dans leur univers domestique. Les hommes ne semblent y être présents que par inadvertance, en retrait sur ce territoire qui n’est pas le leur.

Dans le domaine de la restitution historique ou mythologique, le rapprochement homme / femme s’établit à l’enseigne assez convenue de la séduction. Objet de convoitise, exposée au regard, la femme peut aussi être saisie dans un instant de confrontation qui la renvoie à une inévitable attitude de pudeur et de modestie vis à vis de son corollaire masculin.

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